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Le Droit: Manor Village: déménagement forcé plus tôt que prévu - ACORN Canada
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Le Droit: Manor Village: déménagement forcé plus tôt que prévu

Posted May 20, 2022

Posted May 20, 2022

Les résidents de la communauté Manor Village — qui offre des logements à un prix abordable — croyaient avoir encore quelques années avant de perdre leur maison, en raison de l’étape 3 du train léger. Des rénovations entreprises par les entreprises propriétaires des immeubles sont toutefois venues chambouler ce calendrier.

«La Ville avait envoyé une lettre à tout le quartier pour nous dire que la construction pour le train léger ne commencerait pas avant 2026. Nous pensions être bons au moins jusqu’en 2026», raconte Allison Trowbridge, locataire d’une maison en rangée dans le complexe Manor Village.

Or, ils ont reçu un avis d’éviction il y a moins de trois semaines leur demandant de quitter d’ici le 31 août en raison de rénovations importantes que souhaitent entreprendre Forum Equity et Smart Living, les firmes propriétaires et gestionnaires des immeubles.

Mme Trowbridge affirme que son logement actuel au loyer de 1270$ chaque mois passera de deux à quatre chambres et le loyer serait quelque part entre 3200$ et 4070$, une fois les rénovations réalisées.

«Je vis dans une unité à trois chambres. Je ne sais pas en quoi il sera transformé, mais je paie actuellement 1414$ par mois tout inclus. J’habite dans ce logement depuis 16 ans et j’ai quatre enfants. Je vis avec ma mère qui est sur le Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées et moi sur L’Ontario au travail. On ne peut se permettre autre chose. On arrive à peine à se permettre le loyer actuel», soutient de son côté Amanda McMahon

Voie de contournement

L’avenir de cette communauté a retenu l’attention en novembre 2020 lorsqu’est venu le moment d’approuver le tracé de la troisième étape de l’O-Train par les élus de la Ville d’Ottawa.

Le conseiller du quartier Knoxdale-Merivale — où se trouve Manor Village —, Keith Egli, avait proposé la création d’un groupe de travail composé d’employés de la Ville et e l’agent de liaison au conseil municipal pour les questions de logement et d’itinérance, Catherine McKenney, afin d’identifier des façons de reloger les résidents de cette communauté.

Le conseiller Egli souligne qu’un rapport sera bientôt présenté au Comité des transports de la Ville pour résumer les progrès réalisés dans le but de venir en aide aux résidents de Manor Village.

« Le groupe de travail a bien fonctionné. Un rapport sera rendu public proposant un corridor alternatif pour le train léger qui n’entraînerait aucune perte de logements dans ce secteur. En plus de cela, notre personnel s’engage à être disponible pour assister la communauté autant que possible pour la recherche d’un nouveau logement ou toute autre inquiétude par rapport aux actions des propriétaires actuels.» »
— Keith Egli, conseiller du quartier Knoxdale-Merivale.

Pour donner du temps à ce comité, un règlement de restriction provisoire a été adopté en 2020 pour empêcher les propriétaires des immeubles de réaliser certains changements à ses bâtiments.

«Nous croyions que ça empêchait Smart Living de nous évincer. Nous avons appris le 29 avril dernier, en recevant notre avis que ce règlement n’était pas applicable puisqu’il empêchait les démolitions, mais pas les rénovations. Je me sens un peu trahie», affirme Mme Trowbridge.

ACORN, un organisme de défense des droits des personnes à faible revenu, organisait une manifestation au centre-ville d’Ottawa mercredi pour demander aux firmes Smart Living et Forum Equity de reculer dans leurs plans de rénover ses bâtiments afin d’en augmenter les loyers.

«Nous souhaitons rester et nous voulons que Smart Living change sa position. Une grande portion de la propriété a déjà été rénovée ou est en train de l’être. Qu’ils gardent ces logements et qu’ils nous laissent tranquilles, ceux qui demeurent», lance Allison Trowbridge.

«Généreuse compensation»

Dans une déclaration écrite, l’entreprise Smart Living indique que les évictions sont nécessaires à la réalisation sécuritaire des rénovations parce que plusieurs unités ont besoin d’une nouvelle toiture et qu’ils prévoient augmenter le nombre de chambres à coucher dans chaque logement.

«La compagnie a réussi à négocier des ententes de déménagement dans lesquelles les locataires sortants ont reçu une généreuse compensation, un montant beaucoup plus élevé que ce qui est légalement requis», indique l’entreprise.

«Une fois le projet terminé, le marché locatif de l’ouest d’Ottawa gagnera 111 unités nouvellement rénovées, ajoute Smart Living. Notre équipe comprend qu’être forcé de déménager est un inconvénient et stressant, c’est pourquoi nous offrons une aussi généreuse compensation.»

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Article par Julien Paquette pour le Droit

 

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