Radio-Canada: Quand le coût de l'immobilier pousse des Torontois à s'établir dans les villes voisines

Posted October 10, 2019

Alors que les partis fédéraux présentent leurs plans afin d’améliorer la situation du logement dans le Grand Toronto, le coût de la vie, lui, continue d’augmenter. Si certains Torontois se voient forcés de déménager dans d’autres municipalités, leur arrivée peut radicalement changer le marché de l'immobilier de leur ville d'accueil.
 
Il y a deux ans, Jean-Rock Boutin et son conjoint, Jason Brown, ont déménagé à Hamilton, soit à environ une heure de route à l'ouest de la Ville Reine. Ils ont pris cette décision après avoir été évincés de leur appartement à Toronto, dans lequel ils vivaient depuis 2002.
 
Leur propriétaire de l’époque désirait changer la vocation résidentielle de son immeuble pour en faire des espaces commerciaux.
 
Les deux hommes, qui avaient déjà acheté un immeuble à Hamilton quelques années auparavant, ont pris toutes leurs affaires pour aller s'installer dans la ville de l’acier.
 
Pour 250 000 $, le couple est devenu propriétaire d’un immeuble de huit logements en 2014 et a investi environ 300 000 $ en rénovations. Une somme qui se rembourse rapidement selon eux, grâce aux loyers de leurs locataires.
 
<< Ici, on peut économiser plus et Hamilton a un climat intéressant >>, souligne M. Boutin.
 
 
Le bonheur des uns fait le malheur des autres
 
Si certaines personnes viennent chercher une vie plus abordable à Hamilton, d’autres assistent à la transformation rapide d’un marché qui devient de plus en plus inaccessible.
 
<< Si vous avez grandi à Hamilton, que vous voulez rester ici et acheter votre première propriété, vous ne serez peut-être pas capable d’acheter dans le quartier ou vous avez grandi. Vous devrez probablement aller voir plus vers l’extérieur de la ville >>, soutient Melanie Cunningham, une agente immobilière de la firme One Percent.
 
Depuis plusieurs années, la valeur des maisons augmente à Hamilton. Le prix moyen d'une propriété résidentielle était de plus de 554 000 $ en septembre dernier, contre environ 502 000 $ un an plus tôt, selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI).
 
La constante hausse du prix des loyers
 
Si la valeur des propriétés augmente, les loyers aussi. C'est un phénomène préoccupant pour les membres de l'organisme ACORN Hamilton, qui militent pour les familles à faible ou moyen revenu.
 
Le président d'ACORN Hamilton soutient que certains propriétaires négligent l’entretien d’un appartement jusqu’à ce que les locataires ne le supportent plus et décident de partir. Le propriétaire peut ensuite augmenter le loyer.
 
Selon la Ville de Hamilton, pas moins de 6364 ménages sont présentement inscrits sur la liste d’attente de la municipalité pour un logement social. Ce chiffre a progressé de 18 % entre 2015 et 2018.
 
Pour Edward John, le directeur du Service de logement de la Ville, cette augmentation s’explique par << une hausse du prix et une diminution de l’offre de logements locatifs >>.
 
Il estime que le nombre de logements sociaux en fin de vie utile est également en hausse.
 
Le logement comme enjeu électoral
 
Depuis le déclenchement de la campagne électorale, le 11 septembre, la crise du logement s'est imposée comme un des enjeux prioritaires des Canadiens.
 
À certains endroits, des manifestations ont été organisées pour attirer l'attention des partis fédéraux.
 
Le désespoir de certains citoyens a aussi donné lieu à des moments bouleversants lors de la campagne.
 
Un autre exemple frappant qui illustre la crise du logement dans le Grand Toronto est la circonscription de Willowdale, où 39 % des habitants disent débourser plus de 50 % de leur revenu pour se loger, selon une analyse des données de Statistique Canada.
 
 
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Article by Colin Côté-Paulette for Radio-Canada

 

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